Les jeux rustiques et divins, 1897· Aréthuse· Flûtes d’avril et de septembre
Allégorie
J’ai vu dans mon miroir‖ où s’est connu mon songe,Face à face et parmi‖ des guirlandes de bronze,Le sourire qu’avait‖ ma joie ou ma tristesse ;C’est là que j’ai trouvé‖ cette autre que je chercheDans ma voix, dans mon pas‖ sur les feuilles séchées,Dans ce que ma mémoire‖ a dit à mes pensées,Dans ce que le silence‖ apprenait à mon ombre ;Et la voici parmi‖ les guirlandes de bronzeQui me regarde enfin‖ avec mes propres yeux.Ô mystère d’être la seule‖ toutes deux,Moi l’anxieuse, aussi,‖ de cette autre anxieuse !Ô double solitude‖ où chacune était seuleEt d’où chacune enfin‖ pour se voir est venueEt pour être plus près‖ encor s’est mise nue ;Et je sais maintenant,‖ sœur pareille aux fontaines,Le sourire à jamais‖ de ma face certaineAutour de qui se crispe‖ un feuillage de bronzeOù la gloire à mon front‖ par un laurier s’annonce,
Et debout devant moi‖ je fais avec mes mainsL’offrande de mes jours‖ à mes graves destins !
Versification
- Mètre
- Alexandrins· profil 6=6
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les jeux rustiques et divins, Mercure de France, Paris, 1897· numérisation poesies.net· Sources