Les jeux rustiques et divins, 1897· La corbeille des heures
Odelette IV
Si j’ai parléDe mon amour, c’est à l’eau lenteQui m’écoute quand je me pencheSur elle ; si j’ai parléDe mon amour, c’est au ventQui rit et chuchote entre les branches ;Si j’ai parlé de mon amour, c’est à l’oiseauQui passe et chanteAvec le vent ;Si j’ai parléC’est à l’écho.
Si j’ai aimé de grand amour,Triste ou joyeux,Ce sont tes yeux ;Si j’ai aimé de grand amour,Ce fut ta bouche grave et douce,Ce fut ta bouche ;
Si j’ai aimé de grand amour,Ce furent ta chair tiède et tes mains fraîches.Et c’est ton ombre que je cherche.
20 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les jeux rustiques et divins, Mercure de France, Paris, 1897· numérisation poesies.net· Sources