Les jeux rustiques et divins, 1897· La corbeille des heures
Odelette XI
Chante si doucement que j’entendeÀ travers ta voix d’autres voix,Sa tendresse sera plus tendreSi tu cueilles en une brancheLe murmure de tout le bois.
Écoute, cette vague m’apporteL’écho lointain de toute la mer,Et sa rumeur profonde et forteDéferle toute en ce bruit clair ;
Ton pas, sur le seuil de ma porte,Sandales d’or, talon de fer,— Que la corbeille que tu portesSoit de jonc noir ou d’osier vert,Pleine de fleurs ou de feuilles mortes —Ton pas sur le seuil de ma porteC’est la Vie et toute la VieQui entre et marche dans ma vie,
Sandale souple ou talon lourd,Douce ou farouche,Et le baiser nu de sa boucheEst tout l’Amour.
21 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les jeux rustiques et divins, Mercure de France, Paris, 1897· numérisation poesies.net· Sources