Les jeux rustiques et divins, 1897· Inscriptions pour les treize portes de la ville
Pour la Porte sur la Mer
Moi, le Barreur de poupe‖ et le Veilleur de proueQui connus le soufflet‖ des lames sur ma joue,Le vent s’échevelant‖ au travers de l’écume,L’eau claire de l’amphore‖ et la cendre de l’urne,Et, clarté silencieuse ou‖ flamme vermeille,La torche qui s’embrase‖ et la lampe qui veille.Le degré du palais‖ et le seuil du décombreEt l’accueil aux yeux d’aube‖ et l’exil aux yeux d’ombreEt l’amour qui sourit‖ et l’amour qui sangloteEt le manteau sans trous‖ que l’âpre vent fait loqueEt le fruit mûr saignant‖ et la tête coupéeAu geste de la serpe‖ ou au vol de l’épée ;Va, vagabond des vents,‖ des routes et des flots,De la course marine‖ ou du choc des galops.Moi qui garde toujours‖ le bruit et la rumeurDe la corne du pâtre‖ et du chant du rameur,Me voici, revenu‖ des grands pays lointainsDe pierre et d’eau,‖ et toujours seul dans mon destinEt nu, debout encor‖ à l’avant de la proueImpétueuse qui‖ dans l’écume s’ébroue ;Et j’entrerai brûlé‖ de soleil et de joie,Carène qui se cabre‖ et vergue qui s’éploie,Avec les grands oiseaux‖ d’or pâle et d’argent clair,J’entrerai par la Porte‖ ouverte sur la Mer !
Versification
- Forme
- Strophe unique
- Mètre
- Alexandrins· profil 6=6
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les jeux rustiques et divins, Mercure de France, Paris, 1897· numérisation poesies.net· Sources