Œuvres complètes, 1613· Œvvres Posthvmes· Sonnets
III. « Cependant qu’en la Croix plein d’amour infinie »
Cependant qu’en la Croix plein d’amour infinie,Dieu pour nostre salut tant de maux supporta,Que par son juste sang nostre ame il rachetaDes prisons où la mort la tenoit asservie,
Alteré du desir de nous rendre la vie,I’ay soif, dit-il aux Iuifs ; quelqu’vn lors apportaDu vinaigre, et du fiel, et le luy presenta ;Ce que voyant sa Mere en la sorte s’écrie :
Quoy ! n’est-ce pas assez de donner le trepasA celuy qui nourrit les hommes icy bas,Sans frauder son desir, d’vn si piteux breuvage ?
Venez, tirez mon sang de ces rouges canaux,Ou bien prenez ces pleurs qui noient mon visage,Vous serez moins cruels, et i’auray moins de maux.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, A. Lemerre, 1875· numérisation gutenberg.fr· Sources