Œuvres complètes, 1613· Œvvres Posthvmes· Sonnets
II. « Quand devot vers le Ciel j’ose lever les yeux »
Quand devot vers le Ciel j’ose lever les yeux,Mon cœur ravy s’emeut, et confus s’emerveille,Comment, dis-ie à part-moy, cette œuvre nompareilleEst-elle perceptible à l’esprit curieux ?
Cet Astre ame du monde, œil vnique des Cieux,Qui travaille en repos, et jamais ne sommeillePere immense du jour, dont la clarté vermeille,Produit, nourrit, recrée, et maintient ces bas lieux.
Comment t’eblouïs-tu d’vne flamme mortelle,Qui du soleil vivant n’est pas vne étincelle,Et qui n’est devant luy sinon qu’obscurité ?
Mais si de voir plus outre aux Mortels est loisible,Croy bien, tu comprendras mesme l’infinité,Et les yeux de la foy te la rendront visible.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, A. Lemerre, 1875· numérisation gutenberg.fr· Sources