Poésies, 1860· Les nuits persanes· Fleur de sang
Les Roches bleues
RENVERSEZ bien tous les empires,Mes braves aux sabres sanglants ;De tous les monarques vampires,De leurs serviteurs encor pires,Des peuples, leurs jouets tremblants,Percez les cœurs, ouvrez les flancs.
Mais de ce coin de roches bleues,Dans un espace de vingt lieues,Que tout point noir soit écarté.Que vos chevaux, dans leur fierté,Tramant les trônes à leurs queues,É pargnent la simplicité.
Là des gens, sans or et sans princes,Vivent au-dessus des brouillards,Satisfaits de leurs moissons minces,Prenant pour conseil leurs vieillards.Nulle fange de mes provincesNe les souille, ces montagnards.
En se raillant de mes entraves,Ils sauraient mourir, fiers et droits.Oh ! qu'ils vivent, les bons, les braves !Je n'ai, sous mes traits durs et froids,De mépris que pour les esclaves,Et de haine que pour les rois.
Versification
- Forme
- 4 sizains (sizains)
- Rimes
- 1(abaabb) 1(aabbab) 2(ababab)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 4 sizains
- Mots à la rime
- a empires / vampires / pires féminine, classiqueb sanglants / tremblants / flancs masculine, classiquea bleues / lieues / queues féminine, classiqueb écarté / fierté / simplicité masculine, classiquea princes / minces / provinces féminine, classiqueb brouillards / vieillards / montagnards masculine, classiquea entraves / braves / esclaves féminine, classiqueb droits / froids / rois masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.9· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies, Paris, ALPHONSE LEMERRE ÉDITEUR, 1896· numérisation gallica.bnf.fr· Sources