Poésies, 1860· Les nuits persanes· La mosquée
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J'AI soif de sentir, de connaître,D'avoir ce que mon cœur rêva ;S'il est un monde à part, d'en être,J'ai soif d'aller où nul ne va.
La science a bien une lampe ;L'aile lui manque pour le vol.C'est la luciole qui rampe.A quoi bon briller sur le sol ?
La prière a bien l'aile forte ;Elle s'envole dans le noir.L'infini la baigne. Qu'importeD'atteindre aux choses, sans les voir ?
Je veux planer dans la lumière,M'ouvrir un ciel illuminé,Trouver, en dehors de l'ornière,De quoi pouvoir être étonné.
Comment ! là-haut je verrais poindreToutes les constellations,Sans en avoir conquis la moindrePar tant de contemplations !
J'aurais sans fin, vers une idée,Levé les yeux, tendu les bras,Sans qu'elle soit escaladéePar mon cœur étouffant au bas !
Dans cette lutte redoutable,Je serai vaincu, non soumis.Je n'accepterai point l'étableOù les hommes sont endormis.
La magie enseigne un breuvagePour mener à l'inexploré :Ciel, enfer, sur quelque rivageQu'il me jette, je le boirai.
Mon Dieu ! pardonne-moi mon crimeD'oser violer tes décrets.Le poids de l'infini m'opprime.De toi je veux être plus près !
Versification
- Forme
- 9 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 9(abab)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 9 quatrains
- Mots à la rime
- a connaître / être féminine, classiqueb rêva / va masculine, classiquea lampe / rampe féminine, classiqueb vol / sol masculine, classiquea forte / Qu'importe féminine, classiqueb noir / voir masculine, classiquea lumière / l'ornière féminine, classiqueb illuminé / étonné masculine, classiquea poindre / moindre féminine, classiqueb constellations / contemplations masculine, classiquea idée / escaladée féminine, classiqueb bras / bas masculine, classiquea redoutable / l'étable féminine, classiqueb soumis / endormis masculine, classiquea breuvage / rivage féminine, classiqueb l'inexploré / boirai masculine, équivalentea crime / m'opprime féminine, classiqueb décrets / près masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.5· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
36 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies, Paris, ALPHONSE LEMERRE ÉDITEUR, 1896· numérisation gallica.bnf.fr· Sources