Poésies, 1860· Les nuits persanes· La solitaire
Sur le Nil
ÉTOUFFEZ-MOI‖ SOUS des tas de muraillesSe criblant d'yeux pour m'observer ;De mon amour‖ chantez les funérailles.Mon rêve est là pour vous braver.
‒ Les eaux du Nil,‖ toutes pâles, s'écoulentSous les étoiles de la nuit.Des sphinx, au bord,‖ sur deux rangs se déroulent ;Au milieu notre barque fuit.
Le bien-aimé,‖ s'accoudant sur la proue,Laisse errer sur moi son œil doux.Moi, renversant‖ la tête, je secoueMes cheveux d'or sur ses genoux.
Et les grands sphinx,‖ dans la plaine infinie,Nous regardant passer près d'eux,Confusément‖ versent une harmonieQui tombe en amour sur nous deux.
Les eaux du Nil‖ coulent, les roseaux tremblent ;Dans notre barque nous glissons.Les chants des sphinx‖ perdus dans l'ombre semblentDes harpes prolongeant leurs sons.
Et nous mêlons‖ notre amour à l'eau pâle,Au firmament illimité… —Rêve impuissant !‖ enfer d'un cœur qui râle,Seul, par les molles nuits d'été !
Versification
- Forme
- 6 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 6(abab)
- Mètre
- Octosyllabes et décasyllabes (12 de 8, 12 de 10)· profil 8, 4+6
- Strophes
- 6 quatrains
- Mots à la rime
- a murailles / funérailles féminine, classiqueb m'observer / braver masculine, classiquea s'écoulent / déroulent féminine, classiqueb nuit / fuit masculine, classiquea proue / secoue féminine, classiqueb doux / genoux masculine, classiquea infinie / harmonie féminine, classiqueb d'eux / deux masculine, classiquea tremblent / semblent féminine, classiqueb glissons / sons masculine, classiquea pâle / râle féminine, classiqueb illimité / d'été masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.1· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies, Paris, ALPHONSE LEMERRE ÉDITEUR, 1896· numérisation gallica.bnf.fr· Sources