Recueil intime, 1881· III
Hymne panthéiste
O nature tranquille,‖ immortelle nourriceDes vivants et des morts,Charmeuse, étends sur moi‖ la paix consolatriceDe tes parfums subtils‖ et de tes doux accords.
Quand de l’illusion‖ le mirage éphémèreIlluminait mes yeux,C’est toi qui, loin du bruit,‖ ô nature, ô ma mère,A mes rêves prêtais‖ les forêts et les cieux.
Ces rêves ont vécu,‖ mais mon cœur rempli d’ombreBrille comme la nuit,Quand je vois resplendir‖ les étoiles sans nombreSur l’abîme infini‖ de mon espoir détruit.
Tout disparaît, les dieux,‖ l’allégresse, la gloire,Après quelques rumeurs ;Toi seule tu survis‖ à l’humaine mémoire,Toi qui vois tout mourir‖ et qui jamais ne meurs.
Aussi, le cœur lassé,‖ je n’adore et n’envieQue ta sérénité,Et j’aurai jusqu’au bout‖ la soif inassouvieDe l’amour éternel‖ dans tes flancs abrité.
Versification
- Forme
- 5 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 5(abab)
- Mètre
- Alexandrins et hexasyllabes (15 de 12, 5 de 6)· profil 6, 6+6
- Strophes
- 5 quatrains
- Mots à la rime
- a nourrice / consolatrice féminine, classiqueb morts / accords masculine, classiquea éphémère / mère féminine, classiqueb yeux / cieux masculine, classiquea d’ombre / nombre féminine, classiqueb nuit / détruit masculine, classiquea gloire / mémoire féminine, classiqueb rumeurs / meurs masculine, classiquea n’envie / inassouvie féminine, classiqueb sérénité / abrité masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.4· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Recueil intime, Paris, ALPHONSE LEMERRE ÉDITEUR, 1881· numérisation poesies.net· Sources