La chanson des gueux, 1881· Troisième partie Nous autres gueux· Nos tristesses
VII. Épitaphe pour n’importe qui
Ça jura t-il sur son couillon,
Quand de cet monde voult partir.(François Villon.)
On ne sait pas pourquoi‖ cet homme prit naissance.Et pourquoi mourut-il ?‖ On ne l’a pas connu.Il vint nu dans ce monde,‖ et, pour comble de chance,Partit comme il était venu.
La gaîté, le chagrin,‖ l’espérance, la crainte,Ensemble ou tour à tour‖ ont fait battre son cœur.Ses lèvres n’ignoraient‖ le rire ni la plainte.Son œil fut sincère et moqueur.
Il mangeait, il buvait,‖ il dormait ; puis, morose,Recommençait encor‖ dormir, boire et manger ;Et chaque jour c’était‖ toujours la môme chose,La même chose pour changer.
Il fit le bien, et vit‖ que c’était des chimères.Il fit le mal ; le mal‖ le laissa sans remords.Il avait des amis ;‖ amitiés éphémères !Des ennemis ; mais ils sont morts.
Il aima. Son amour‖ d’une autre fut suivie,Et de plusieurs. Sur tout‖ le dégoût vint s'asseoir.Et cet homme a passé‖ comme passe la vie :Entrez, sortez, et puis bonsoir !
Versification
- Forme
- 5 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 5(abab)
- Mètre
- Alexandrins et octosyllabes (15 de 12, 5 de 8)· profil 8, 6+6
- Strophes
- 5 quatrains
- Mots à la rime
- a naissance / chance féminine, classiqueb connu / venu masculine, classiquea crainte / plainte féminine, classiqueb cœur / moqueur masculine, classiquea morose / chose féminine, classiqueb manger / changer masculine, classiquea chimères / éphémères féminine, classiqueb remords / morts masculine, classiquea suivie / vie féminine, classiqueb s'asseoir / bonsoir masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.8· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La chanson des gueux, Paris, Maurice Dreyfous, éditeur, 1881· numérisation ebooksgratuits.com· Sources