La chanson des gueux, 1881· Deuxième partie Gueux de paris· Les quatre saisons
XV. Jour des morts
On n’a pas vu le ciel‖ aujourd’hui. Gris, opaque,Et très bas, le brouillard‖ est resté suspendu.Les regards se brisaient‖ au froid de cette plaque,Métal terni que nul‖ rayon d’or n’a fendu.
Vers le soir seulement,‖ au bord du lourd couvercleUne lueur, ainsi‖ qu’un fil de sang vermeil,Se glisse, creuse un trou,‖ puis s’élargit en cercle.Le brouillard est trempé‖ de gouttes de soleil.
Il s’effrange, il se fond‖ en chauds reflets d’opale,Et l’on voit vers le sol‖ languissamment neigerDes flocons de vapeur,‖ ouate de pourpre pâleQui vole en tourbillon‖ lumineux et léger.
Deux petits mendiants,‖ blottis sous une porte,Ouvrent leurs grands yeux bleus‖ vaguement éblouis.Songeant au cimetière‖ où gît leur mère morte,Du beau tapis qu’il tombe‖ ils sont tout réjouis.
Car ces flottants flocons‖ de pourpre sont les rosesQui parfument du ciel‖ les printemps toujours verts,Et que le bon soleil‖ jette en ces soirs morosesSur la terre endormie‖ au tombeau des hivers.
Versification
- Forme
- 5 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 5(abab)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 5 quatrains
- Mots à la rime
- a opaque / plaque féminine, classiqueb suspendu / fendu masculine, classiquea couvercle / cercle féminine, classiqueb vermeil / soleil masculine, classiquea d’opale / pâle féminine, classiqueb neiger / léger masculine, classiquea porte / morte féminine, classiqueb éblouis / réjouis masculine, classiquea roses / moroses féminine, classiqueb verts / hivers masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.8· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La chanson des gueux, Paris, Maurice Dreyfous, éditeur, 1881· numérisation ebooksgratuits.com· Sources