La chanson des gueux, 1881· Première partie Gueux des champs· Les plantes, les choses, les bêtes
I. La flute
Je n’étais qu’une plante‖ inutile, un roseau.Aussi je végétais,‖ si frêle, qu’un oiseauEn se posant sur moi‖ pouvait briser ma vie.Maintenant je suis flûte‖ et l’on me porte envie.Car un vieux vagabond,‖ voyant que je pleurais,Un matin en passant‖ m’arracha du marais,De mon cœur, qu’il vida,‖ fit un tuyau sonore,Le mit sécher un an,‖ puis, le perçant encore,Il y fixa la gamme‖ avec huit trous égaux ;Et depuis, quand sa lèvre‖ aux souffles musicauxÉveille les chansons‖ au creux de mon silence,Je tressaille, je vibre,‖ et la note s’élance ;Le chapelet des sons‖ va s’égrenant dans l’air ;On dirait le babil‖ d’une source au flot clair ;Et dans ce flot chantant‖ qu’un vague écho répèteJe sais noyer le cœur‖ de l’homme et de la bête.
Versification
- Forme
- 1 distiques (distiques)
- Rimes
- 8((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 1 distiques
- Mots à la rime
- a roseau / oiseau masculine, classiqueb vie / envie féminine, classiquec pleurais / marais masculine, classiqued sonore / encore féminine, classiquee égaux / musicaux masculine, classiquef silence / s’élance féminine, classiqueg l’air / clair masculine, classiqueh répète / bête féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.0· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La chanson des gueux, Paris, Maurice Dreyfous, éditeur, 1881· numérisation ebooksgratuits.com· Sources