La chanson des gueux, 1881· Troisième partie Nous autres gueux· Nos tristesses
IX. Sonnet IVre
Pourtant, quand on est las‖ de se crever les yeux,De se creuser le front,‖ de se fouiller le ventre,Sans trouver de raison‖ à rien, lorsque l’on rentreFourbu d’avoir plané‖ dans le vide des deux,
Il faut bien oublier‖ les désirs anxieux,Les espoirs avortés,‖ et dormir dans son antreComme une bête, ou boire‖ à plus soif comme un chantre,Sans penser. Soûlons-nous,‖ buveurs silencieux !
Oh ! les doux opiums,‖ l’abrutissante extase !Bitter, grenat brûlé,‖ vermouth, claire topaze.Absinthe, lait troublé‖ d’émeraude. Versez !
Versez, ne cherchons plus‖ les effets ni les causes !Les gueules du couchant‖ dans nos cœurs terrassésVomissent de l’absinthe‖ entre leurs lèvres roses.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 2 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a yeux / deux masculine, classiqueb ventre / rentre féminine, classiquea anxieux / silencieux masculine, classiqueb antre / chantre féminine, classiquea extase / topaze féminine, classiqueb Versez / terrassés masculine, classiquea causes / roses féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.7· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La chanson des gueux, Paris, Maurice Dreyfous, éditeur, 1881· numérisation ebooksgratuits.com· Sources