La chanson des gueux, 1881· Troisième partie Nous autres gueux· Nos tristesses
XI. Sonnet morne
Il pleut, et le vent vient du nord.Tout coule. Le firmament crève.Un bon temps pour noyer son rêveDans l’Océan noir de la mort !
Noyons-le. C’est un chien qui mord.Houp ! lourde pierre et corde brève !Et nous aurons enfin la trêve,Le sommeil sans vœu ni remord.
Mais on est lâche ; on se décideÀ retarder le suicide ;On lit ; on bâille ; on fait des vers ;
On écoute, en buvant des litres,La pluie avec ses ongles vertsBattre la charge sur les vitres.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 2 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd ede
- Mètre
- Octosyllabes
- Mots à la rime
- a nord / mort masculine, classiqueb crève / rêve féminine, classiquea mord / remord masculine, classiqueb brève / trêve féminine, classiquea décide / suicide féminine, classiqueb vers / verts masculine, classiquea litres / vitres féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.9· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La chanson des gueux, Paris, Maurice Dreyfous, éditeur, 1881· numérisation ebooksgratuits.com· Sources