La mer, 1894· Marines
XIII. Les phares
Le soleil dans les flots‖ a noyé son tisonComme un brûlot lancé‖ d’abord en émissaire.Et voici qu’à sa suite,‖ au vent qui les lacèreLes voiles de la nuit‖ s’enflent sur l’horizon.
Elle approche, grandit,‖ s’embosse en trahison,Cette flotte, de l’ombre‖ aux vaisseaux de corsaire,Et pas à pas, sans bruit,‖ le cercle se resserreContre la côte étreinte‖ en ce mur de prison.
Mais les phares sont là‖ pour chasser le pirate.Ils éclairent soudain‖ sa marche scélérate,Accrochent leurs grappins‖ lumineux à son bord.
Et leurs blancs pavillons‖ aux pavillons funèbresRipostent, cependant‖ que par chaque sabordLe sol crachant ses feux‖ mitraille les ténèbres.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 2 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a tison / l’horizon masculine, classiqueb émissaire / lacère féminine, classiquea trahison / prison masculine, classiqueb corsaire / resserre féminine, classiquea pirate / scélérate féminine, classiqueb bord / sabord masculine, classiquea funèbres / ténèbres féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 3.1· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La mer, Paris, Charpentier et Fasquelle, 1894· numérisation wikisource.org· Sources