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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

La mer, 1894· Les Gas

XVI. Les trois matelots de Groix

Jean Richepin· alexandrins et octosyllabes, 290 vers

Nous étions deux, nous étions trois,Nous étions deux, nous étions trois,Nous étions trois mat’-lo-ots de Groix,Mon tra-dé-ri tra trou lon la,Mon tra-dé-ri tra lan lai-ai-aire.

L’avez-vous oublié ?‖ Moi, je l’ai retenu,Ce vieil air de marin,‖ chef-d’œuvre d’inconnu,Où du peuple et des flots‖ l’âme obscure s’exprime.Quelques couplets, naïfs‖ de sens, veules de rime.Sur cinq notes, pas plus,‖ cinq, mi, ré, do, si, la,Avec tradéri tra,‖ lanlaire et troulonla,C’est tout ! Mais là-dedans,‖ la mer entière y passe,Le cri des naufragés,‖ l’haleine de l’espace,Les gaîtés de ce dur‖ métier et ses effrois.C’est la complainte des‖ trois matelots de Groix.Pour la goûter dans sa‖ grandeur mélancolique,Il faut l’entendre au soir,‖ quand le soleil obliqueAvant de s’en aller‖ lui dresse son décor,Lorsqu’en derniers flocons‖ sa pourpre saigne encor.Tandis qu’à l’autre bout‖ du ciel la nuit reflèteSes cheveux dénoués‖ dans la mer violette.Oh ! comme le vieil air‖ alors vous entre à fond,Chanté là-bas par un‖ qui dans l’ombre se fond.Par un pauvre pécheur‖ qui, tourné vers la terre,S’enfonce au large sur‖ sa barque solitaire !Oh ! le puissant, le fier‖ poëme, et pénétrant !Quelle évocation‖ il fait ! Quel charme il prendÀ rouler sur les flots‖ où ce rameur le pousseAvec sa rauque voix‖ que le lointain rend douce !Mais comment le noter,‖ ce poëme ? CommentEn traduire la vie‖ et l’âme, où le moment,L’onde immense, le ciel‖ profond, l’ombre infinie.Mystérieusement‖ mêlent leur harmonie ?Comme dans un herbier‖ les goëmons défuntsSe dessèchent, flétris,‖ et perdent leurs parfums,Cette musique et ces‖ paroles, entenduesSur la mer qui frissonne‖ et dans les étendues,Vont-elles pas mourir‖ et se flétrir aussiSur ce froid papier blanc‖ par ma plume noirci ?Bah ! les mots, vieux sorciers,‖ ont des métempsychoses,Et leurs philtres savants‖ font revivre les choses.Essayons !Attendri, pourtant non sans gaîté,L’air s’élance d’abord‖ dans un vers répété,Et là, sur un quasi‖ trille qui pirouette,Plane en battant de l’aile‖ ainsi qu’une alouette.

Nous étions deux, nous étions trois,Nous étions deux, nous étions trois.

Ma foi, oui, deux ou trois !‖ Ou bien quatre, peut-être.Le compte est, au départ,‖ fait par le quartier-maître ;Mais le compte au retour,‖ ah ! qui donc le connaît ?Est-ce qu’on sait jamais,‖ sur mer, combien l’on est ?On était trois. On n’est‖ plus que deux. Cherchez l’autre !Aujourd’hui c’est son tour,‖ et demain c’est le vôtre.En a-t-on vu partir‖ dans le grand bénitier !Mais qu’importe ! Hardi,‖ les gas ! c’est le métier.Houp ! quand même, et gaîment,‖ en marins que nous sommes !Si l’on pensait à ça,‖ la mer serait sans hommes.

Nous étions deux, nous étions trois,Nous étions deux, nous étions trois,Nous étions trois mat’lo-ots de Groix,Mon tradéri tra trou lon laMon tradéri tra, lanlai-ai-aire ?

Et le premier couplet‖ va joyeux s’achevantSur un coup de gosier‖ qui gueule au nez du ventEt dont le dernier cri‖ s’envole en rires vaguesComme un défi moqueur‖ à la barbe des vagues.Et pourquoi serait-on‖ si triste, donc, les gas ?On a fait bonne pêche.‖ On rentre sans dégâts.La femme et les petits‖ auront pitance large.On arrive. On débarque.‖ On va vendre la charge.Et puis on mangera‖ la soupe de poissonsAvec un bon pichet‖ de cidre et des chansons.Parbleu ! le vent n’est pas‖ toujours si mauvais drille.La mé n’est pas toujours‖ rèche comme une étrille.Vois, elle est douce, un peu‖ frissante, mais pas plus.C’est la brise qu’il faut‖ pour traîner les chaluts.Le bateau va comme en‖ rivière une gabare,Sans personne au compas,‖ et le mousse à la barre.Il faudrait n’être qu’un‖ failli chien de terrienPour geindre en ce moment‖ et se plaindre de rien.Va, du gas, et les pieds‖ pendus sur la poulaine,Pare à reprendre en chœur‖ le refrain à voix pleine !

Nous étions trois mat’lots de GroixNous étions trois mat’lots de Groix,Nous allions de Belle-I-Isle à Groix,Mon tradéri tra trou lon la,Mon tradéri tra lanlai-ai-aire !

Bien sûr ! Pourquoi donc triste ?‖ Ah ! le sort des marins,Un sort à faire envie,‖ une vie à trois brins !Bitte et bosse, qu’on dit‖ en langue matelote !Mousse à douze ans. Ensuite,‖ un congé sur la flotte.Puis, jusqu’à cinquante ans,‖ inscrit. Après, largué !Quand près d’un demi-siècle‖ on a bien navigué,On touche, en s’échouant‖ épave sur la grève,Cent soixante-dix francs‖ de pension. Quel rêve !Mais sur nos pieds pendus‖ vient poudrainer l’embrun.Attrape à prendre un ris,‖ mon garçon ! Encore un !V’là la mé qui se fâche‖ et la lame qui brise.A cʼtʼ heure, c’est ]e vent‖ du nord qui souffle en brise.Mauvais bougre de vent‖ qui vous jette aux récifs,Et gifle à contre-poil‖ les paquets d’eau poussifs.Range à virer ! Le vieux‖ nous chatouille le ventre,Et les filins tendus‖ ronflent creux comme un chantre.

Nous allions de Belle-Isle à Groix,Nous allions de Belle-Isle à Groix,Le vent du Nord vint à-à souffler.

C’est vrai, qu’il souffle, tout‖ de même, et pas pour rire.L’eau clapote en bouillons‖ comme une poêle à frire.Ben ! qu’il gimble tant qu’il‖ voudra dans les agrès !Nous en avons troussé‖ bien d’autres au plus près.Ce n’est pas encor lui‖ qui verra notre quille.Souffle, souffle, mon vieux !‖ Souffle à goule écarquille !Souffle à t’époumonner !‖ Nous n’y serons pas pris.Car la barre tient bon,‖ la toile a ses deux ris,Et l’homme est plus malin‖ que la mer n’est méchante.Nous sons parés, mes gas.‖ Holà, du mousse, chante !

Nous allions de Belle-Isle à Groix,Nous allions de Belle-Isle à Groix,Le vent du nord vint à-à souffler,Mon tradéri tra trou lon la,Mon tradéri tra lanlai-ai-aire !

Et la voix du pêcheur‖ qui va toujours ramant,Là-bas, à l’horizon,‖ n’a pas un tremblementEn lançant ce couplet‖ où déjà monte et rouleLe râle rauque et sourd‖ dont se gonfle la houle.Car il souffle dans la‖ chanson, plus fort, plus dru,Le maudit vent du nord,‖ le sacré vieux bourru ;Et les flots flagellés,‖ qu’il rebrousse au passage,Se cabrent contre lui,‖ lui crachent au visage,S’enflent, bondissent, fous,‖ et viennent dans leurs sautsJusqu’au milieu du pont‖ dégorger leurs naseauxEn secouant, épars,‖ leurs crins aux mèches vertes.Le bateau coupe en deux‖ leurs poitrines ouvertes,Ou les chevauche, grimpe‖ aux croupes des plus hauts,Puis dans des entonnoirs‖ retombe, et les cahotsLe déhanchent, comme un‖ qui chute d’une échasse.Maintenant, c’est compris :‖ le grain nous fait la chasse.Il faut, sans qu’il nous prenne‖ en biais, filer devant,Sur un tout petit bout‖ de toile dans le vent.Le ciel se grée en nuit,‖ d’une nuit sans chandelle ;Et sur ce grand mur noir‖ passent à tire-d’aileDes nuages blafards,‖ déchiquetés aux flancs,Où le bec des éclairs‖ ouvre des accrocs blancs.L’averse tombe en fouet‖ aux lanières étroites.La mer est comme un champ‖ de lames toutes droites.Cargue ! Amène ! Encor ! Tout !‖ Plus de toile au bateau !Les ris à l’Irlandaise,‖ aïe ! à coups de couteau !En lambeaux arrachés‖ le dernier foc s’envole.La baume en deux ! Le mât‖ craque. La barre est folle.

Le vent du nord vint à souffler,Le vent du nord vint à souffler.

Il souffle, souffle, souffle.‖ En vain l’on s’évertue.Pas moyen de virer‖ à la brise têtue.Et l’on entend d’ici‖ le bruit tonitruantDes taureaux de la mer‖ aux récifs se ruant.C’est la côte, la terre‖ infâme, où l’on se broieAux mâchoires des rocs‖ qui lacèrent leur proie.Non, non, plutôt que d’être‖ ainsi mis en morceaux,Luttons, colletons-nous‖ encore avec les eaux !La chaloupe est servie‖ et la vague est gourmande.Mais, l’aviron au poing,‖ c’est l’homme qui commande.

Le vent du nord vint à souffler,Le vent du nord vint à souffler,Faut mettre la chalou-oupe à l'eau,Mon tradéri tra trou lon la,Mon tradéri tra lanlai-ai-aire !

Ah ! comme elle paraît‖ lamentable d’ici,La chanson qui là-bas‖ s’égaille sans souci !Qui sait si ce pêcheur,‖ perdu dans l’ombre grise,Ne va pas rencontrer‖ aussi, lui, cette brise,Ce vent du nord qui jette‖ aux rochers le bateau ?Un coup par le travers,‖ et sa barque fait eau !Il est seul. Il est loin.‖ Il n’a rien que sa rame.Pourtant il va toujours.‖ Il chante. Et tout le drameQu’il évoque en deux mots‖ sans un pleur dans la voix,Tout ce drame surgit.‖ Je l’entends. Je le vois.Ils sont dans la chaloupe,‖ à la rame, à l’aveugle,Contre l’eau qui rugit,‖ contre le vent qui beugle.Ils ont dégringolé‖ dedans comme ils ont pu,Juste à temps, au moment‖ où le mât s’est rompu,Où la coque a roulé‖ vers la côte prochaine.Plus de pont ! Plus de chambre‖ au bon coffre de chêne !Plus de voile ! Plus rien‖ que leurs pauvres poings closPour taper sur le mufle‖ à la meute des flots.Et les monstres sur eux‖ croulent en avalanches,Dardent leurs ongles verts,‖ font grincer leurs dents blanches,Leur sautent par dessus‖ quand la barque descend,Et tachent de les prendre‖ à la gorge en passant.Et l’on a beau tenir‖ son banc d’une main forte,Ils sont tant, qu’une gueule‖ à la fin vous emporte.

Quand la chaloupe fut à l’eau,Quand la chaloupe fut à l’eau,Mon matelot tomba-a dans l’eau,Mon tradéri tra trou lon la,Mon tradéri tra lanlai-ai-aire !

Ah ! maintenant, c’est comme‖ un vol d’oiseaux meurtrisQue la chanson là-bas‖ se traîne avec des cris,Tandis que le pêcheur‖ disparait dans la brume.Un vol d’oiseaux lassés,‖ lourds, qui perdent leur plume !Roulant et s’écorchant‖ à la pointe des flots,Le trille du refrain‖ se déchire en sanglots.Un vol d’oiseaux blessés‖ qui ne vont que d’une aile !O tristesse de la‖ lointaine ritournelle !Cette fois, en chantant,‖ le pêcheur a gémi.C’était son matelot,‖ celui-là, son ami.Mon matelot tomba‖ dans l’eau … La voix sanglote…Il a fait avec moi‖ son congé sur la flotte.Partis ensemble, dà !‖ Lâchés ensemble aussi.Il était, comme moi,‖ de la classe, et d’ici ;Et du même filet‖ on aurait dit deux mailles.Puis, comme moi toujours,‖ il a femme et marmailles.Veuve, à c’t’heure, orphelins !‖ Comment vivre pourtant ?Car il n’a rien laissé,‖ pauvre bougre, en partant.Sur lui le matelot‖ a sa fortune entière ;Et quand il tombe à l’eau,‖ c’est l’eau son héritière.

On n’retrouva que son chapeau,On n’retrouva que son chapeau,Son garde-pipe et son-on couteau,Mon tradéri tra trou lon laMon tradéri tra lanlai-ai-aire !

Trois fils ! Et c’est tout ça‖ qu’ils se partageront !L’un aura le chapeau,‖ trop large pour son front ;Ça ne peut plus servir‖ qu’à demander l’aumône.Le plus petit prendra‖ l’étui de cuivre jaune ;Et l’aîné gardera‖ pour l’heure des repasLe couteau qui coupait‖ le pain qu’il n’aura pas.Ah ! l’on rêvait pour eux‖ des existences douces,Hein ! la mère ! À présent‖ qu’en fera-t-on ? Des mousses.Et tout de suite ! Avant‖ leur douze ans, embarqués !Ou bien ça s’en irait‖ mendier sur les quais.Quant à la veuve, pas‖ même ce qu’ont les autres :La consolation‖ des lentes patenôtresQue sur un tertre vert‖ on verse avec ses pleursEn y mettant un brin‖ de buis, un pot de fleurs !Car son homme aura bien‖ un coin au champ d’avène,Sous ces mots : Mort en mer ;‖ mais dans la bière vaineLe corps ne sera pas‖ en terre sous la croix.Le corps, le pauvre corps,‖ les flots profonds et froidsLe roulent maintenant‖ au hasard des marées,Parmi les prés voguants‖ des algues démarréesOù paissent les poissons‖ qui mettront en lambeauxTous ses membres épars‖ dans de vivants tombeaux.Et nul ne lui fera‖ son lit pour qu’il y dorme.Il ne restera rien‖ de lui, rien de sa forme,Rien qui de ce qu’il fut‖ garde le souvenir,Rien qu’on puisse revoir,‖ rien qu’on puisse bénir.Il ne restera rien‖ de lui, que sa pauvre âmeQu’on entendra pleurer‖ les nuits où la mer brame.

Son garde-pipe et son couteau,Son garde-pipe et son couteau,Et son sabot flottai-ait sur l’eauMon tradéri tra trou lon la,Mon tradéri tra lanlai-ai-aire.

Ah ! les enfants sans père‖ et le noyé hideux !Nous étions trois, et nous‖ ne sommes plus que deux.Comme il flotte sur l’eau,‖ le sabot solitaire !Ah ! pêcheur qui t’en vas,‖ pourquoi fuis-tu la terre ?Ainsi parlent les morts‖ par la bouche des flots.Ainsi dit la chanson‖ que rhythment leurs sanglots.Oui, pourquoi t’en aller‖ sur la vague si fausse,Toi qui sais que son creux‖ peut devenir ta fosse ?Pourquoi toujours voguer,‖ pour finir comme nousDans cette tombe où nul‖ ne mettra les genoux ?Ah ! pêcheur qui t’en vas,‖ reste donc sur la terre.Ne vois-tu pas sur l’eau‖ le sabot solitaire ?Mais la voix du pêcheur‖ plus proche a retenti.Il revient en chantant‖ comme il était parti ;Revient ce soir, et pour‖ repartir à l’aurore.Quand il repartira,‖ c’est en chantant encore.Toujours brave, toujours‖ d’un cœur insoucieux,Sur l’infini des eaux,‖ sous l’infini des cieux.Ses filets sont posés.‖ La mer grossit. N’empêcheQu’il est sûr pour demain‖ de faire bonne pèche.La femme et les petits‖ ne manqueront de rien.Il chante. Ah ! ce métier‖ de chien, de galérien,On l’aime, on l’aime tant,‖ d’une amour si têtue !C’est la mer qui vous plaît,‖ cette mer qui vous tue.Elle sait vous manger,‖ mais aussi vous nourrir.On en a tant vécu‖ qu’on en peut bien mourir !Et le pêcheur, tout près‖ d’arriver à la côte,Reprend l’air d’une voix‖ plus joyeuse et plus haute.

Nous étions deux, nous étions trois,Nous étions deux, nous étions trois.

Va donc, le vent du nord,‖ l’homme qu’un flot emporte,La veuve en deuil, les gas‖ orphelins, bah ! qu’importe !La mer qui fait tout ça‖ ne le fait pas exprès.Puis, la mer avant tout,‖ et les autres après !Houp ! quand même, et gaîment,‖ en marins que nous sommes !Tant que la mer vivra,‖ la mer aura des hommes.

Versification

Mètre
Alexandrins et octosyllabes (241 de 12, 49 de 8)· profil 8, 6−6
Mots à la rime
a retenu / d’inconnu masculineb s’exprime / rime fémininec la / troulonla masculined passe / l’espace fémininee effrois / Groix masculinef mélancolique / oblique féminineg décor / encor masculineh reflète / violette fémininej terre / solitaire fémininek pénétrant / prend masculinel pousse / douce fémininem Comment / moment masculinen infinie / harmonie féminineo défunts / parfums masculinep entendues / étendues féminineq aussi / noirci masculiner métempsychoses / choses féminines Essayons / gaîté / répété masculinet pirouette / alouette fémininea peut-être / quartier-maître féminineb connaît / est masculinec l’autre / vôtre féminined bénitier / métier masculinee sommes / hommes fémininea s’achevant / vent masculinec gas / dégâts masculined large / charge fémininee poissons / chansons masculinef drille / étrille féminineg plus / chaluts masculineh gabare / barre fémininei terrien / rien masculinej poulaine / pleine fémininea marins / brins masculineb matelote / flotte fémininec largué / navigué masculined grève / rêve fémininee l’embrun / un masculineg récifs / poussifs masculineh ventre / chantre fémininea rire / frire féminineb agrès / près masculinec quille / écarquille féminined pris / ris masculinee méchante / chante fémininea ramant / tremblement masculineb roule / houle fémininec dru / bourru masculined passage / visage fémininee sauts / naseaux masculinef vertes / ouvertes féminineg hauts / cahots masculineh échasse / chasse fémininei devant / vent masculinej chandelle / tire-d’aile fémininek flancs / blancs masculinel étroites / droites fémininem bateau / couteau masculinen s’envole / folle fémininea s’évertue / têtue féminineb tonitruant / ruant masculinec broie / proie féminined morceaux / eaux masculinee gourmande / commande fémininea d’ici / souci masculineb grise / brise fémininec bateau / eau masculined rame / drame fémininee voix / vois masculinef l’aveugle / beugle féminineg pu / rompu masculineh prochaine / chêne fémininei clos / flots masculinej avalanches / blanches fémininek descend / passant masculinel forte / emporte fémininea meurtris / cris masculineb brume / plume fémininec flots / sanglots masculined aile / ritournelle fémininee gémi / ami masculinef sanglote / flotte féminineg aussi / d’ici masculineh mailles / marmailles fémininei pourtant / partant masculinej entière / héritière fémininea partageront / front masculineb l’aumône / jaune fémininec repas / pas masculined douces / mousses fémininee embarqués / quais masculinef autres / patenôtres féminineg pleurs / fleurs masculineh d’avène / vaine fémininei croix / froids masculinej marées / démarrées fémininek lambeaux / tombeaux masculinel dorme / forme fémininem souvenir / bénir masculinen âme / brame fémininea hideux / deux masculineb solitaire / terre féminined fausse / fosse fémininee nous / genoux masculineg retenti / parti masculineh l’aurore / encore fémininei insoucieux / cieux masculinej N’empêche / pèche fémininek rien / galérien masculinel têtue / tue fémininem nourrir / mourir masculinen côte / haute fémininea emporte / qu’importe féminineb exprès / après masculine

Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.

290 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La mer, Paris, Charpentier et Fasquelle, 1894· numérisation wikisource.org· Sources