Œuvres, 1873· Les illuminations· I. vers nouveaux et chansons
Larme
Loin des oiseaux, des troupeaux, des villageoises,Je buvais accroupi dans quelque bruyèreEntourée de tendres bois de noisetiers,Par un brouillard d’après-midi tiède et vert.
Que pouvais-je boire dans cette jeune Oise,Ormeaux sans voix, gazon sans fleurs, ciel couvert :Que tirais-je à la gourde de colocase ?Quelque liqueur d’or, fade et qui fait suer.
Tel, j’eusse été mauvaise enseigne d’auberge.Puis l’orage changea le ciel, jusqu’au soir.Ce furent des pays noirs, des lacs, des perches,Des colonnades sous la nuit bleue, des gares.
L’eau des bois se perdait sur des sables vierges,Le vent, du ciel, jetait des glaçons aux mares…Or ! tel qu’un pêcheur d’or ou de coquillages,Dire que je n’ai pas eu souci de boire !
Versification
- Forme
- Strophes régulières
- Rimes
- 12(abab)
- Mètre
- Tétrasyllabes et octosyllabes (8 de 4, 8 de 8)· profil 4, 8
- Mots à la rime
- a villageoises / noisetiers féminine, classiqueb bruyère / vert masculine, non classiquea Oise / colocase féminine, classiqueb couvert / suer masculine, classiquea d’auberge / perches féminine, classiqueb soir / gares masculine, classiquea vierges / coquillages féminine, classiqueb mares / boire masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.2· écart moyen à la rime classique 0.6
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres, Paris, MERCURE DE FRANCE, 1912· numérisation Project Gutenberg· Sources