Œuvres, 1873· Premiers vers
Le dormeur du val
C’est un trou de verdure où chante une rivièreAccrochant follement aux herbes des haillonsD’argent, où le soleil, de la montagne fière,Luit ; c’est un petit val qui mousse de rayons.
Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nueEt la nuque baignant dans le frais cresson bleu,Dort : il est étendu dans l’herbe, sous la nue,Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.
Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant commeSourirait un enfant malade, il fait un somme.Nature, berce-le chaudement : il a froid !
Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrineTranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.
Versification
- Forme
- Sonnet non classique (sonnet)
- Rimes
- abab cdcd eef gfg
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a rivière / fière féminine, classiqueb haillons / rayons masculine, classiquea nue féminine, classiqueb bleu / pleut masculine, non classiquea comme / somme masculine, classiqueb froid / poitrine féminine, classiquea narine / droit masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.1· écart moyen à la rime classique 0.7
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres, Paris, MERCURE DE FRANCE, 1912· numérisation Project Gutenberg· Sources