Œuvres, 1873· Premiers vers
Oraison du soir
Je vis assis, tel qu’un Ange aux mains d’un barbier,Empoignant une chope à fortes cannelures,L’hypogastre et le col cambrés, une GambierAux dents, sous les cieux gros d’impalpables voilures.
Tels que les excréments chauds d’un vieux colombier,Mille Rêves en moi font de douces brûlures ;Puis par instants mon cœur tendre est comme un aubierQu’ensanglante l’or jeune et sombre des coulures.
Et, quand j’ai ravalé mes Rêves avec soin,Je me tourne, ayant bu trente ou quarante chopes,Et me recueille pour lâcher l’âcre besoin :
Doux comme le Seigneur du cèdre et des hysopes,Je pisse vers les cieux bruns très haut et très loin,‒ Avec l’assentiment des grands héliotropes.
Versification
- Forme
- Sonnet non classique (sonnet)
- Rimes
- abab cdcd eef ggf
- Mètre
- Vers de 12, 6 et 8 syllabes (8 de 12, 4 de 6, 2 de 8)· profil 6, 8, 6−6
- Mots à la rime
- a barbier / Gambier féminine, classiqueb cannelures / voilures masculine, classiquea colombier / aubier féminine, classiqueb brûlures / coulures masculine, classiquea soin / chopes féminine, classiqueb besoin / héliotropes masculine, non classiquea hysopes / loin féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.6· écart moyen à la rime classique 0.7
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres, Paris, MERCURE DE FRANCE, 1912· numérisation Project Gutenberg· Sources