Le chemin de l’oubli, 1904
Le Fardeau
TON front sur mon épaule est tombé mollement.Tu ne dis rien ; tes yeux sont vagues ; par moment,Tu n’es plus dans mes bras qu’une forme étrangère.Grave, tu te souviens de ton âme légère,Ton âme d’autrefois folle et preste en ses vœux,Éprise des baisers, craintive des aveux.Tu songes à des soirs de caresses lassées,A des choses d’amour furtives et passées,A ces printemps d’une heure aux sourires ardentsOù la bouche est fougueuse et les cœurs sont prudentsEt je sens, malgré toi, comme tu les regrettes.Ces jours, libres de rêve et d’angoisses secrètes,Toi qui m’aimes, ô toi qui portes à présentLe trésor de ton cœur douloureux et pesant !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres de André rivoire, Paris, Librairie Alphonse Lemerre, 1909· numérisation archive.org· Sources