Le chemin de l’oubli, 1904
Le Désir veille
L’amour, hôte inquiet des âmes obstinées,L’impitoyable amour, briseur de destinées,Toujours en mal obscur de haine ou de rancœur,Par instants, malgré nous, monte de notre cœur,Et, prêt à nous souffler des mots que rien n’efface,Comme deux ennemis nous dresse face à face…Mais le désir qui veille en nos corps anxieux.Toujours, avidement, se cherche dans nos yeux,Et les mots entre nous tombent sans violence…Puis nous nous reprenons aux lèvres, en silence.
10 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres de André rivoire, Paris, Librairie Alphonse Lemerre, 1909· numérisation archive.org· Sources