Le plaisir des jours, 1914
Au Jardin
LA-HAUT, dans ses cheveux d’orElle dort…Son rêve à peine soupçonneQue le jardin réveillé,Tout mouillé,Au vent du matin frissonne.
Elle ne se doute pasQue, là-bas,Autour des vertes corbeilles,J’écoute, dans l’air léger,VoltigerL’aile active des abeilles.
C’est le printemps, tout fleurit,Tout sourit,Tout est parfum, tout.est joie ;L’oiseau chante à plein gosier,Le rosierPartout éclate et rougeoie.
Elle dort… Son corps vermeilDe sommeilA plus de grâce assouplie,Et, depuis le jour venu,Son bras nuSur ses yeux clos se replie .
Et je ne suis brusquementQu’un amant,Et je ne sais plus rien d’autre,Sinon qu’en ses cheveux d’orElle dort,Dans le grand lit qui fut nôtre.
30 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres de André rivoire, Paris, Librairie Alphonse Lemerre, 1914· numérisation gallica.bnf.fr· Sources