Le plaisir des jours, 1914
De la Fenêtre
J’AI poussé ma table tout prèsDe la croisée…Le jardin brille de rosée,Le vent est frais.
Une branche grimpe et s’étireLe long du mur ;Juste à sa pointe, un bouton mûrSemble un sourire.
Je le regarde longuement,Puis je me penche…Ma plume sur la page blancheTraîne un moment.
A quoi bon ?… Quel mot pourrait êtreAssez léger ?…Un rayon d’or vient voltigerSur la fenêtre.
Ta robe apparaît, disparaît,Dans le feuillageEt laisse en moi comme un sillageDe clair regret…
Je regarde à travers les branchesLuire un peu d’eau…Tu reviens avec un fardeauDe roses blanches ;
24 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres de André rivoire, Paris, Librairie Alphonse Lemerre, 1914· numérisation gallica.bnf.fr· Sources