Le plaisir des jours, 1914
Mélancolie d’Avril
C’EST un de ces matins d’avril où le vergerD’un seul coup vient d’éclore ;Les blancs pétales que le vent fait voltigerSemblent de neige encore ;
Les branches sont en fleurs, mais n’ont pas reverdi ;Une ombre au ciel demeure :On dirait seulement que l’hiver a tiédiPour un jour, pour une heure.
On sent qu’un soir de gel détacherait soudainCette frêle parure…Et, là-bas, je regarde errer dans le jardinTon manteau de fourrure.
12 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres de André rivoire, Paris, Librairie Alphonse Lemerre, 1914· numérisation gallica.bnf.fr· Sources