Le plaisir des jours, 1914
Quand nous serons vieux
CE n’est qu’une fermeD’où monte une tour,Avec, alentour,Un bois qui l’enferme.
Quelques pieds d’œillet,Des roses trémières,Les fleurs coutumières,D’avril à juillet.
Une mère pouleGlousse à ses petitsSous l’aile blottis…Un pigeon roucoule.
Les rainettes d’or,Au bord de la mare,Font leur tintamarreDevant l’eau qui dort.
Voici la tonnelleAu fond du jardin,Et l’odeur, soudain,De la pimprenelle.
Nous sommes assisAu seuil de la porte…Le vent nous apporteDes mots indécis.
Le bleu de l’espaceÉblouit nos yeux…Et nous sommes vieux,Et le long jour passe.
28 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres de André rivoire, Paris, Librairie Alphonse Lemerre, 1914· numérisation gallica.bnf.fr· Sources