Le plaisir des jours, 1914
Premier Beau Jour
LA lumière et l’azur de ce premier beau jourRapetissent la chambre,La chambre qui semblait trop grande à notre amourAux jours gris de décembre.
C’est fini du cœur grave et confidentielDe la saison inerte :Je voudrais faire entrer l’immensité du cielPar la fenêtre ouverte.
Regarde comme tout apparaît jeune et clair,De la haute terrasse :Même invisible encore, on sent déjà dans l’airRefleurir de la grâce.
Bientôt viendra le temps de retrouver là-bas,Paisible sous les branches,La petite maison et les premiers lilasAvec leurs grappes blanches.
Ce vent tiède, qui laisse, en passant par ici,Un odorant sillage,Va préparer pour nous, sous le ciel adouci,Nos chambres de feuillage.
20 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres de André rivoire, Paris, Librairie Alphonse Lemerre, 1914· numérisation gallica.bnf.fr· Sources