Le plaisir des jours, 1914
Septembre
SEPTEMBRE, aux midis chauds encore,A des matins plus frais déjà…L’amour eu veut moins à l’auroreDe tant de nuits qu’elle abrégea.
Elle vient, discrète et câline,Luire doucement aux volets,Dans la brumeuse mousselineDe ses longs voiles violets.
A peine te réveille-t-elle,Tes yeux s’entr’ouvrent lentement,Puis sur l’oreiller de dentelleTu reposes ton front dormant…
Les soirs sont brusques, en revanche :Il faut fermer tôt la maison…Maintenant, quand le soleil penche.Sa chute est proche à l’horizon.
Il s’attarde, un instant, plus roseSur la bruyère des sous-bois.Tandis que la rosée y poseToutes ses larmes à la fois.
Puis le vent se lève, il emporteQuelques feuilles et quelques fleurs,Souffle sur la lumière morte,Éteint les dernières couleurs.
La nuit tombe, sans crépuscule,Et parfois nous nous effrayonsDe voir l’ombre, au loin, qui bousculeLa fuite des derniers rayons.
28 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres de André rivoire, Paris, Librairie Alphonse Lemerre, 1914· numérisation gallica.bnf.fr· Sources