Le plaisir des jours, 1914
Vacances
Nous avons, ce matin, couru parmi les roches,Au milieu des enfants rieurs, enfants comme eux,Jouant avec la mer à guetter les approchesEt l’imprévu jet d’eau de ses flots écumeux.
Ce soir, pleins du désir d’escalader les-pentes,L’un vers l’autre tournant parfois nos yeux surpris,Nous allons au hasard par les routes grimpantesQui mènent aux coteaux sous des arbres fleuris…
Est-ce possible, nous ?… Un tel bonheur nous gagneD’être là dans ce printemps bleu qui nous manquait,Et de nous en aller à travers la campagneComme si nous marchions au milieu d’un bouquet !…
Je m’arrête soudain… Sur ta bouche entr’ouverte,Je baise longuement des mots que tu me dis ;Et, dans cette nature éternellement verte,Tout l’avenir s’éclaire à nos yeux enhardis.
16 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres de André rivoire, Paris, Librairie Alphonse Lemerre, 1914· numérisation gallica.bnf.fr· Sources