Le songe de l’amour, 1900
Confidence
Tour vous aimer, uniquement,D’une tendresse obéissante,Pour être l’ami, non l’amantDont la voix est trop frémissante,
L’involontaire amant jaloux.Brûlé d’attentes et de fièvresEt qui, malgré lui, près de vous.Pâlit en regardant vos lèvres.
Il eût fallu, je le sais bien,Qu’en mon âme, ailleurs assouvie.Un grand bonheur, même ancien,Pour toujours, eût comblé ma vie.
Mais ma jeunesse aura passé,Mélancolique et désireuse,Cachant sous un faux air lasséL’impatience d’être heureuse ;
Elle n’a goûté qu’à demiDes amours furtives et brèves,Et j’ai dans mon cœur endormiMoins de souvenirs que de rêves.
20 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres de André rivoire, Paris, Librairie Alphonse Lemerre, 1909· numérisation archive.org· Sources