Les vierges, 1890‑1894· Les langueurs et paresses
Minuetto
LA Vierge, au piano, rêve dans l’ombre exquise.Un rayon rose et bleu tremble à ses doigts fluets ;Et sa langueur se berce au chant des menuets, .Qui ressuscite en elle une âme de marquise.
Dans le boudoir, où traîne un charme suranné,Dont le regret confus peuple sa solitude,Elle sourit, sans trouble et sans inquiétude,Au rêve que ses doigts câlins ont égrené.
Puis voici qu’à genoux, sans effrayer ses lèvres,De beaux seigneurs musqués l’effleurent galammentD’un hommage, discret comme un chuchotement, —Et sa candeur s’effeuille en des sourires mièvres.
12 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres de André rivoire, Paris, Librairie Alphonse Lemerre, 1914· numérisation gallica.bnf.fr· Sources