Les vierges, 1890‑1894· Les langueurs et paresses
Premiers Automnes
PALE et lente, si pâle en sa robe d’été,Si lente en ses langueurs, oh ! si pâle et si lente,Elle va, promenant sa douleur nonchalante,Par les prés sans parfum, sous le ciel sans clarté.
Et voici qu’en son cœur, serré d’une agonie,L’adieu d’un cor se traîne en de mornes abois…Oh ! s’en aller ainsi, quand les feuilles des boisS’entassent, pour mourir, parmi l’herbe jaunie !…
Mourir aussi, mourir avec les feuilles d’or,Dans la douceur et la tristesse de l’automne,En écoutant pleurer la bise monotone,Sourire au soir qui tombe, et rêver qu’on s’endort !
12 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres de André rivoire, Paris, Librairie Alphonse Lemerre, 1914· numérisation gallica.bnf.fr· Sources