Les vierges, 1890‑1894· Les langueurs et paresses
Premier Printemps
PENSIVE, à son balcon, la Vierge se dérobeSous un voile de fleurs mystique et parfumé.L’émoi des clairs printemps rouvre son cœur fermé,Et leur parfum s’imprègne aux plis longs de sa robe.
Elle écoute, et tressaille aux cris joyeux des nids,Parmi les rameaux lourds, où tremble un frisson d’ailes.Les cieux d’azur nouveau frémissent d’hirondelles ;Et les bois sont émus de troubles infinis.
Oh ! vivre ainsi, dans la fraîcheur des matins roses,Vivre comme un lis pur, sans jamais se flétrir,Sentir sou rêve éclore, et son âme fleurir,En un cadre éternel de verdure et de roses !
12 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres de André rivoire, Paris, Librairie Alphonse Lemerre, 1914· numérisation gallica.bnf.fr· Sources