Le Règne Du Silence, 1891· Du silence
XXV. « La ville est morte, morte, irréparablement »
La ville est morte, morte,‖ irréparablement !D'une lente anémie‖ et d'un secret tourment,Est morte jour à jour‖ de l'ennui d'être seule…Petite ville éteinte‖ et de l'autre temps quiConserve on ne sait quoi‖ de vierge et d'alanguiEt semble encor dormir‖ tandis qu'on l'enlinceule ;Car voici qu'à présent,‖ pour embaumer sa mort,Les canaux, pareils à‖ des étoffes traméesDont les points d'or du gaz‖ ont faufilé le bord,Et le frêle tissu‖ des flottantes fuméesS'enroulent en formant‖ des bandelettes d'eauEt de brouillard, autour‖ de la pâle endormie— Tel le cadavre‖ emmaillotté d'une momieEt la lune à son front‖ ajoute un clair bandeau !
Versification
- Forme
- Strophe unique
- Rimes
- 1[aa] 2[abba] 1[abab]
- Mètre
- Alexandrins· profil 6=6
- Mots à la rime
- a irréparablement / tourment masculine, classiqueb seule / l'enlinceule féminine, classiquec qui / d'alangui masculine, classiqued mort / bord masculine, classiquee tramées / fumées féminine, classiquef d'eau / bandeau masculine, classiqueg endormie / momie féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.4· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Règne Du Silence, Paris, BIBLIOTHÈQUE CHARPENTIER, 1891· numérisation poesies.net· Sources