Les Vies Encloses, 1896· Les malades aux fenêtres
XII. « L'eau des anciens canaux est débile et malade »
L'eau des anciens canaux‖ est débile et malade,Si morne, parmi les‖ villes mortes, aux quaisParés d'arbres et de‖ pignons en enfiladeQui sont, dans cette eau pauvre,‖ à peine décalqués ;Eau vieillie et sans force ;‖ eau malingre et dépriseDe tout élan pour se‖ raidir contre la briseQui lui creuse trop de‖ rides… Oh ! la triste eauQui va pleurer sous les‖ ponts noirs et qui s'affligeDes reflets qu'elle doit‖ porter, eau vraiment lige,Et qui lui sont comme un‖ immobile fardeau.Mais, trop âgée, à la‖ surface qui se moire,Elle perd ses reflets,‖ comme on perd la mémoire,Et les délaie en de‖ confus mirages gris.Eau si dolente, au point‖ qu'elle en semble mortelle,Pourquoi si nue et si‖ déjà nulle ? Et qu'a-t-elle,Toute à sa somnolence,‖ à ses songes aigris,Pour n'être ainsi plus qu'un‖ traître miroir de givreOù la lune elle-même‖ a de la peine à vivre ?
Versification
- Forme
- Strophe unique
- Rimes
- 1[abab] 3[aa] 2[abba]
- Mètre
- Alexandrins· profil 6−6
- Mots à la rime
- a malade / enfilade féminine, classiqueb quais / décalqués masculine, classiquec déprise / brise féminine, équivalented eau / fardeau masculine, classiquee s'afflige / lige féminine, classiquef moire / mémoire féminine, classiqueg gris / aigris masculine, classiqueh mortelle / qu'a-t-elle féminine, classiquei givre / vivre féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.1· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
18 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Vies Encloses, Paris, BIBLIOTHÈQUE CHARPENTIER, 1896· numérisation poesies.net· Sources