Fin d’œuvre, 1919· Les songes (Dernières poésies)
L’âme et le sang
Dans l’abominable panierOù vient de choir l’horrible tête,L’âme en gémissant sur sa bêteFait ce soliloque dernier :
« Le bien me trouvait toujours prête,Pour moi, servir, m’apitoyer,Était mon bonheur familier,Et le dévouement, une fête.
D’où vient donc que le plus vil sortSouille ainsi jusque dans la mortSa tête qu’il portait si haute ? »
Et le sang lui répond fatal :« Je fus son vertige du mal,Il assassina par ma faute. »
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Fin d’œuvre, Paris, G. CHARPENTIER ET E. FASQUELLE, ÉDITEURS, 1919· numérisation crcrosnier.fr· Sources