Fin d’œuvre, 1919· Les songes (Dernières poésies)
L’Inquittable
On chuchote à la Mort ceci dans son esprit :« Je veux vivre, entends-tu, pour la plus grande gloireDu printemps qui féconde et du soleil qui rit.Sans plus m’inquiéter de ta vieille ombre noire.
Ta hantise finit par être dérisoireEt ma pensée au fond tellement s’en guérit,Qu’avec l’illusion qu’elle-même fleurit,Elle veut travailler encore, aimer et croire.
Je veux à faire envieLa fête de la vie.Tu vas voir, calme et fort,
Comme je m’en acquitte,Pour toujours je te quitte.– A demain ! dit la mort.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Fin d’œuvre, Paris, G. CHARPENTIER ET E. FASQUELLE, ÉDITEURS, 1919· numérisation crcrosnier.fr· Sources