Fin d’œuvre, 1919· Les songes (Dernières poésies)
La mort artiste
Dans nos maisons parfois la mort vient à pas lentsAuprès de maint enfant qui souffre.Elle incline au-dessus des mornes berceaux blancs,Ses yeux vides comme le gouffre.
Elle voudrait pouvoir admirer en ses langesUn pauvre petit douloureuxQui, dans l’émacié, le hâve, le cireux,Aurait le visage des anges.
La maladie, en vain, lui montre et lui remontreLaideur triste ou difformité…La Mort cherche toujours l’enfantine beauté.Elle s’acharne à sa rencontre.
Aussi, lorsque parmi ces Jésus elle en trouveUn parfaitement beau, pour le remercierDu ravissement qu’elle éprouve,
Comme un bon médecin, maternel et sorcierElle guérit son mal, l’aide, le fortifie,Lui rend la fraîcheur et la vie.
18 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Fin d’œuvre, Paris, G. CHARPENTIER ET E. FASQUELLE, ÉDITEURS, 1919· numérisation crcrosnier.fr· Sources