Fin d’œuvre, 1919· Les songes (Dernières poésies)
L’odorat
C’est le sens magique enchantéPar lequel tout homme se plongeDans l’infâme réalitéOu dans la noblesse du songe.
Il enivre la piétéQui, dans son beau rêve exalté,Comble le vide qu’elle longe.Il régit l’amour, en prolonge
L’horreur ou la suavité ;Épand le deuil ou la gaîtéQue le cœur boit comme une éponge ;
Évoque l’ombre ou la clarté,L’abominable véritéDu cadavre que le ver ronge,
Ou le délicieux mensongeDe la fleur et de la beauté.C’est le sens magique enchanté.
17 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Fin d’œuvre, Paris, G. CHARPENTIER ET E. FASQUELLE, ÉDITEURS, 1919· numérisation crcrosnier.fr· Sources