Fin d’œuvre, 1919· Les songes (Dernières poésies)
L’unique ami
Malgré tout, l’amitié suprêmeRecèle un sentiment jaloux,Et sous le dehors le plus douxReste despotique quand même.
Dans l’union la plus intimeDes cœurs aussi bien que des corps,Le moindre, hélas ! des désaccordsSuffit à creuser un abîme.
Est-il ici-bas deux espritsQui parfois ne se sentent prisDe mutuelle défiance ?
Quoiqu’on fasse en somme, parmiL’univers on n’a qu’un ami,Un seul : sa bonne conscience.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Fin d’œuvre, Paris, G. CHARPENTIER ET E. FASQUELLE, ÉDITEURS, 1919· numérisation crcrosnier.fr· Sources