Fin d’œuvre, 1919· Les songes (Dernières poésies)
Le Dies Iræ
Celui qui composa ce psaumeFut l’interprète du néant,L’inspiré livide et béantDe la poussière et de l’atome.
Pourquoi le Dies iræ navre,Glace et terrifie à la fois,C’est qu’il pleure par notre voixLa vie autant que le cadavre.
Inhumant déjà l’assistanceEn lui rabâchant la sentenceDes jours tôt ou tard révolus,
Il ajoute aux six pieds sous terre,Tout le sanglot du jamais plusTout le sarcasme du mystère.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Fin d’œuvre, Paris, G. CHARPENTIER ET E. FASQUELLE, ÉDITEURS, 1919· numérisation crcrosnier.fr· Sources