Fin d’œuvre, 1919· Les songes (Dernières poésies)
Le printemps
Fête de la nature amoureuse et ravie,Le printemps fleurisseur des cieux et des terrainsRessuscite béats tous les êtres chagrinsQue l’hiver, semble-t-il, enterrait dans la vie.
Par lui, dénoircissant, se mettent à reluireLes visions du cœur, les spectacles des yeux.Le retour fécondeur de son éclat joyeuxRend le goût d’exister et de se reproduire.
D’un charme amalgamant douceur, solennité,Parfum, sève, lumière, extase, volupté,Il ensorcèle l’atmosphère.
C’est pourquoi l’aspirant jusqu’à s’en pénétrer,Plus d’une vierge alors se prend à soupirerPour ce qu’elle ose le moins faire.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Fin d’œuvre, Paris, G. CHARPENTIER ET E. FASQUELLE, ÉDITEURS, 1919· numérisation crcrosnier.fr· Sources