Fin d’œuvre, 1919· Les songes (Dernières poésies)
Le poison
Lequel ouvrira ma prison ?L’homme ou la femme ? Lui, m’évite.Elle, avec un certain frisson,Parfois d’un regard me visite.
Depuis mainte et mainte saisonVrai ! je suis de la mort confite !Lequel ouvrira ma prison,L’homme ou la femme ? Lui m’évite.
Dans la fiole toute petiteOù je languis, morne poison,Pourtant ma puissance mauditeA de quoi tuer à foison,Si tranquillement et si vite !
Tiens ! la femme ouvre ma prison !De sang-froid ou sans sa raison,Pas un instant elle n’hésite.Mais… elle n’est que l’échanson !Elle verse et l’homme ingurgite.J’avais toujours eu le soupçonQu’il mourrait de cette façon !
20 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Fin d’œuvre, Paris, G. CHARPENTIER ET E. FASQUELLE, ÉDITEURS, 1919· numérisation crcrosnier.fr· Sources