L’abîme, 1886
L’abnégation
Ma vie au plus profond de la vallée obscureS’est recroquevillée entre ses deux parois :Elle dort son horreur comme ces étangs froidsDont le croupissement a fixé l’envergure.
Elle étale à jamais son inerte figureSous un lichen pourri de cercueils et de croix ;Le présent y devient l’épave d’autrefois,L’avenir inutile y moisit son augure.
J’ai vidé ma douleur et mon sort est rempli ;Mes jours qui sont filés au fuseau de l’oubliSe mêlent comme une ombre au tourbillon des vôtres.
Croiras-tu maintenant, vieux Sceptique blasé,Que mon cœur est assez dépersonnalisé,Assez bien mort à lui pour se donner aux autres ?
Versification
- Mètre
- Alexandrins et octosyllabes (9 de 12, 5 de 8)· profil 8, 6+6
- Mots à la rime
- a obscure / parois masculine, classiqueb froids / l’envergure féminine, classiquea figure / augure féminine, classiqueb croix / d’autrefois masculine, non classiquea rempli / blasé féminine, classiqueb l’oubli / vôtres masculine, classiqueb dépersonnalisé féminine, classiquec autres masculine, non classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.0· écart moyen à la rime classique 1.1
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après L’abîme, Paris, G.CHARPENTIER ET Cie, ÉDITEURS, 1886· numérisation wikisource.org· Sources