La nature, 1892
Floraison jaune
A peine le printemps a feuillé les campagnesQu’une couleur d’or pâle et funéraire y poind…C’est la fleur des genêts qui tranche de si loinSur le vert des vallons et le gris des montagnes.
Ici, dans ce pays déjà mystérieuxOn assiste au progrès envahissant du jaune :Il descend, il côtoie, il gravit, rampe et trône,Mélancolisant l’âme en remplissant les yeux.
Par les plaines surtout, comme au flanc des coteaux,Près des tout petits bourgs et des très vieux châteaux,Certains coins ont des jauneurs telles
Qu’on dirait foisonnant d’énormes immortellesDes cimetières d’autrefoisDont l’herbe aurait mangé les croix !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La nature, Paris, G. CHARPENTIER ET E. FASQUELLE, ÉDITEURS, 1892· numérisation crcrosnier.fr· Sources