La nature, 1892
La nuit bienfaisante
Pauvres arbres ! je les regarde,Je les visite à petits pas ;Aux branches ne poind toujours pasLeur fleurissement qui retarde.
Pourtant, çà et là, se hasardeUn blanc-jaune, couleur trépas,Sur un gros cerisier tout basQue l’âge dépouille et lézarde.
Ce matin, j’arrive au jardin ;Mon œil ravi se pâme – et je me sens soudainComme désenglué d’un visqueux sortilège,
Car, enfin, la sève a produitAux chants du rossignol si tendres cette nuitDe la vapeur de rose et du brouillard de neige !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La nature, Paris, G. CHARPENTIER ET E. FASQUELLE, ÉDITEURS, 1892· numérisation crcrosnier.fr· Sources