La nature, 1892
La silhouette
Ce soir, le ciel figé, l’horizon stupéfaitCombinant pour le deuil leurs teintes fin d’automneRendent plus triste encor ce coin qui vous étonnePar son aspect déjà si funèbre : En effet,
Rocheuse, herbue, avec des sapins, cette plaineImite un cimetière à vous faire frayeur,D’autant plus que, là-bas, voûtée en fossoyeur,S’y profile, piochant, la silhouette humaine.
Et, dans ce travailleur attardé m’apparaîtLe Génie humble du Secret.Sa présence a tant de mystère !
Si brumeusement j’aperçoisSes vêtements couleur de boisEt sa face couleur de terre !
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 1 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd eed
- Mètre
- Octosyllabes
- Mots à la rime
- a stupéfait / effet féminine, classiqueb d’automne / étonne masculine, classiquea plaine / humaine féminine, classiqueb frayeur / fossoyeur masculine, classiquea m’apparaît / Secret masculine, classiqueb mystère / terre féminine, classiquea j’aperçois / bois masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.6· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La nature, Paris, G. CHARPENTIER ET E. FASQUELLE, ÉDITEURS, 1892· numérisation crcrosnier.fr· Sources