La nature, 1892
Le bois de houx
Parmi ces vieux arbres fendusA la ramure dégarnieLe houx, dans sa monotonie,Prend des aspects inattendus :Car, recroquevillée, unie,Plus ou moins fraîche et racornie,Les bords taillés en crocs pointus,Sa feuille, entre ces bois tortus,Partout change, restant vernie.En tel coin – vert pâle – jaunie,Ici, montrant des gris ténus,Là, ces roses pleins et grenusDe la belle chair bien fournie ;Ailleurs des rouges mal venus,Moitié sang et moitié sanie.Au fond des bois les plus ardusPareils mystère – ombre – atonieSilence – m’étaient inconnus :Quelque fée ou quelque génieHabite ces endroits perdusDans la solitude infinie.
21 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La nature, Paris, G. CHARPENTIER ET E. FASQUELLE, ÉDITEURS, 1892· numérisation crcrosnier.fr· Sources