La nature, 1892
Paysage triste
Un ciel blanc qui sur un val grisVa pleurer des larmes de neige ;Malgré le mont qui le protègeUn étang complètement pris ;
Aux trois autres horizons sombresUn boisé vague, – une vapeurToute blême dans la stupeur,Une espèce de forêts d’ombres.
Ici, tout droits, sveltes et hauts,Des bouleaux qui font les délicesDu regard avec leurs troncs lissesParaissant blanchis à la chaux.
Là, d’une fatidique approche,Mettant de l’horreur autour d’euxDes petits arbrisseaux hideux,Noirs, poussés à même la roche.
C’est tout ! mais quelle impressionCe peu de végétation,Cette glace aux teintes brouillées
Vous causent dans ce coin désertOù rien qu’un genêt – spectre vert –Surgit des fougères rouillées.
22 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La nature, Paris, G. CHARPENTIER ET E. FASQUELLE, ÉDITEURS, 1892· numérisation crcrosnier.fr· Sources