La nature, 1892
Le fossoyeur
Le trio rouge cru des enfants de chœur suitLe prêtre en surplis blanc, sous le noir de sa chape.Gémissements hurlés – court sanglot qui s’échappe,Les prières, les chants ont terminé leur bruit.
Le trou s’ouvre – foncé maintenant par un mortSur le cercueil jaunâtre humecté d’eau béniteUn brin de sable – un peu de terre qui s’effrite,Une pierre, un caillou dégringolent du bord.
Des agenouillements de femmes en capoteAu pied des croix – là-bas, d’aspect louche et lointain…Puis personne ! – tout seul, le fossoyeur sabote.
Et, pelle en main, cet homme incarne le destin,Quand il s’en va combler dans la nuit déjà bruneLa fosse de six pieds qui bâille sous la lune.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La nature, Paris, G. CHARPENTIER ET E. FASQUELLE, ÉDITEURS, 1892· numérisation crcrosnier.fr· Sources